A propos CC

professeur HDR à l'École nationale supérieure d'architecture de Bretagne (Rennes, France).

10-02-2017 : Construction-destruction de la maison dans le cinéma

Dans le cadre du séminaire U792F Conceptions-Médiations Architecturales, intervention de Christelle LECOEUR, architecte, scénographe et doctorante en architecture :
CONSTRUCTION / DESTRUCTION DE LA MAISON COMME ENJEU TERRITORIAL DANS LE CINÉMA ISRAÉLIEN, LIBANAIS ET PALESTINIEN DEPUIS 1973 (voir résumé).
u792f-intervention-ch-lecoeur-10-01-2017
RÉSUMÉ :

Notre intervention portera sur la figure de la maison. Nous interrogerons, à travers les trois axes suivants : l’exil, l’antimodernité et la mémoire, comment la construction physique ou mentale, la représentation ou la destruction de cette figure participe à la quête, l’élaboration, la critique d’un projet de construction nationale.

Notre sujet porte sur trois pays : Israël, Liban et Palestine sur une ligne du temps active du début des années 70 à nos jours. Notre corpus est entièrement cinématographique. Plus que l’esthétique filmique, la construction cinématographie ou la production nationale et son entreprise, notre propos porte sur l’analyse du récit et sa construction.

Identité nationale, appartenance, capitalisme et privatisation, autoconstruction, globalisation, habitat standardisé, mémoire traumatique, patrimoine, institutionnalisation des souvenirs intimes seront les principaux mots-clés de notre discours.

Comme nous l’avons énoncé comme postulat dans notre sujet de thèse, l’objectif est d’analyser les films à travers une thématique commune aux trois pays. Aussi, chaque axe sera illustré par un corpus de films des trois pays avec pour objectif de montrer comment aux territoires qui se répondent et s’entrechoquent dans leur histoire et politique, les récits apportent des complémentarités, interrogent à distance des situations équivoques ou peuvent servir d’outil critique pour un territoire autre que celui sur lequel il porte. Effet miroir, échos, effet boomerang, décalage temporel, autant de situations qui articulent de manière latente des événements et contextes a priori non interdépendants.

En finir avec le philosophe que préfèrent les architectes ?

Au top ten de l’intellectualité architecturale, à côté du gentil Bachelard (Poétique de l’espace), on croise trop souvent l’austère, mais très chic Heidegger (« l’homme habite en poète… », une reprise d’Hölderlin si j’ose dire) ! J’incite parfois les étudiants en architecture qui me citent ce dernier texte, à lire le Discours du Rectorat du même auteur (1933), mais le texte n’est pas si facile à trouver et, encore moins à lire…

J’encourage donc à lire sur Nonfiction.fr la présentation très argumentée du dernier ouvrage du sémioticien François Rastier qui analyse le naufrage de ce prophète encore très estimé, par les architectes qui se piquent de philosophie, mais aussi chez les philosophes malgré les avertissements de Jean-Pierre Faye (Langages totalitaires, 1972), de Pierre Bourdieu (L’ontologie politique de Martin Heidegger, 1988) ou, plus récemment, de Jurgen Habermas (« Critique et communication : les tâches de la philosophie« , 2015).